BBB1EnPension

Depuis la rentrée, mon BB1-Adoleschiante est entrée en sport-études équitation en classe de 4ème, à plus de 350km de la maison.

La semaine, elle est donc en internat, et nous avons la chance qu'elle puisse rentrer tous les WE et toutes les vacances scolaires.

Cependant, cette nouveauté a complètement redistribué les cartes chez nous et a pulvérisé une organisation qui roulait parfaitement jusque là. On aime bien les défis nous, il faut croire ! :D

Concrètement, voici ce que ça change d'avoir son enfant en internat, à tous points de vue:

¤ les WE sont redoutables

Un WE chez nous commence le vendredi à 19h et se termine le dimanche à 15h20, et c'est très très court. L'Adoleschiante arrive dans une gare parisienne le vendredi soir vers 18h. Les premières fois, Monsieur-40-ans est allé faire le trajet avec elle mais la plupart du temps maintenant, elle rentre seule en métro à la maison (30mn de métro et 10 grosses minutes de marche). Bon, elle va avoir 14 ans et les transports en commun sont blindés le vendredi soir donc cela ne nous inquiète pas plus que ça. En revanche, le dimanche c'est une autre affaire, moins de monde, donc nous l'amenons systématiquement à la gare.

Notre WE avec elle n'est vraiment composé que du samedi. C'est le jour où il faut tout faire, les sorties, le repos, les devoirs, le ciné, le resto etc. 

Sans compter les 2 ou 3 lessives/sèches-linges à enchainer pour défaire et refaire le sac de la semaine, c'est vraiment parfois très tendu en terme de timing, surtout quand on case en plus les rdv médicaux (orthodentiste et autres joyeusetés).

Tout ce que vous faîtes normalement avec un enfant en une semaine, nous devons le faire en 1 journée. Le WE est un concentré de tout.

Une fois par mois on essaie quand même de faire un combo resto/ciné, même si l'âge de #BB3-Pisseur-en-chef (5 ans 1/2) nous limite un peu sur le type de film à aller voir.

¤ les vacances scolaires sont un véritable casse-tête

Le 2ème effet Kiss Cool c'est que les enfants ne sont plus sur la même zone de vacances #tresDrole. L'Adoleschiante est en zone A et le Schrtoumpf-Grognon et le Pisseur-en-chef sont en zone C.

Cette année on ne va pas se plaindre, ils ont au moins une semaine de vacances en commun en février et à Pâques. Heureusement parce que sinon ça me fera à chaque fois des plages de 4 semaines avec des enfants en vacances. Je les aime beaucoup mais occuper des enfants pendant 4 semaines d'affilée en vacances, ce n'est supportable que l'été à mon goût... #mereindigne

Et puis une ado en vacances qui traine à la maison alors que je travaille à la maison, je ne vous raconte pas la tension.

Pour février, concrêtement, les 2 grands vont partir au ski chez mes beaux-parents, pendant leur seule semaine commune (et je suis SUPER soulagée), Monsieur 40 ans les rejoindra pendant 3 jours histoire de skier avec eux (depuis des années nous ne partons pas au ski à cause du pseudo-asthme de BB2, donc ils sont vraiment heureux de partir). 

Pour Pâques, nous verrons, je pense que les garçons manqueront peut-être quelques jours d'école pour que nous puissons aller prendre un petit bol d'air en famille, Monsieur-40-ans ayant découvert qu'il lui reste 12 jours de RTT 2014, reportés sur 2015. Bon, on va un peu se faire tirer les oreilles par la maternelle et la primaire mais ils ne vont pas rater leur bac pour 3 ou 4 jours d'école manqués.

¤ il faut apprendre à gérer à distance

Au début de l'année, je ne vous cache pas que c'était difficile. Difficile pour elle, difficile pour nous. Surtout que c'est un âge compliqué où l'on oscille entre les je-t'aime-moi-non-plus, besoin d'etre ensemble et besoin de se séparer. 

Là, pas le choix, le cordon se coupe en semaine, avec plus ou moins de facilité.

Les 6 premiers mois ont quand même été terribles sur le plan affectif; notre Adoleschiante préférée nous en a fait voir de toutes les couleurs: mal au dos, mal au genou, mal à ceci, mal à cela. Comme me dit justement Monsieur-40-ans, elle est loin mais elle veut qu'on s'occupe d'elle non-stop. Elle a donc développé une capacité surnaturelle en bobologie et j'avoue qu'on début, je n'ai pas marché, j'ai couru. En enchainant le WE les rdv médecins, les traitements médicaux (homéopathie, corticoïdes, anti-inflammatoires, mopral) etc. jusqu'à ce que je me rende qu'on que l'on était en train de s'épuiser littéralement.

Bon heureusement cela se calme. Elle fait beaucoup d'équitation en semaine et malgré tout, cela met son petit corps en construction à rude épreuve. Mais j'ai appris à ne plus paniquer à distance quand elle m'appelle et que c'est la fin du monde parce qu'elle a un torticolis, mal au genou etc.

Au début, en septembre, la prise était facile, j'étais légèrement rongée par la culpabilité de la distance. Mais avec le temps nous avons appris toutes les 2 à prendre nos marques et à intégrer que les petits bobos font partie du quotidien, et que non, je ne suis pas là pour tout gérer. Nous avons aussi la chance qu'il y ait sur place une infirmière vraiment géniale et maline avec ces ados-bobos, et un CPE capable d'organiser à distance de véritables rdv médicaux, kiné etc. quand il y a vraiment besoin.

¤ Les points positifs

Notre Adoleschiante a gagné en autonomie. Elle prend le métro seule, le train seule etc. chose que je ne lui aurai jamais laissé faire je pense avant alors que finalement, elle s'en sort parfaitement. Ca nous a obligé à lui laisser de l'autonomie. Quand je vois que certaines de ses copines parisiennes sont à peine capables de prendre un bus...

14 ans c'est pile l'adolescence et cette séparation n'est pas plus mal finalement. Cela a été douloureux en septembre, mais maintenant que nous avons pris un rythme de croisière, c'est finalement plus simple. L'internat est assez strict: c'est 2 heures d'études surveillées tous les soirs. Pas de Wifi, pas d'ordi, pas de télé (une seule soirée télé par semaine héhéhé). Je crois qu'on n'aurait pas rêvé mieux et jamais nous aurions pu nous imposer ce genre de règles à la maison. Imaginez, 2h de devoirs obligatoires tous les soirs mouhahahaha !!! Les enfants ont la même passion: l'équitation et puis quand tout le monde bosse, c'est une émulation dans le bon sens. Il n'y a plus les bolosses et perturbateurs de son collège de quartier de l'année dernière. 

Elle a toujours été bonne élève et travailleuse mais là, elle continue sur sa lancée, et globalement nous sommes très contents de ses résultats. Surtout que c'est en plus un collèges qui fait beaucoup de choses pour les élèves, par exemple elle est partie en Allemagne 10 jours chez une correspondante avant Noël et des dizaines d'autres trucs sympas.

Au niveau organisation, cela nous a fait une bouffée d'air aussi il faut être honnête. Nous avons mis le petit seul dans une chambre et les 2 grands ensemble. C'est plus intelligent pour les horaires de coucher et les activités respectives. Le petit se couche tot alors que les 2 grands veillent un peu le WE. Cela les a d'ailleurs rapprochés en fait même si ce n'est pas toujours simple de mettre ensemble 1 ado et un pré-ado. Mais nous avons refait la chambre du sol au plafond en juin et ils ont chacun un petit coin à eux. De toutes les façons, nous n'avons pas le choix. 2 chambres pour 3 enfants (et bientôt 4), il faut qu'ils partagent car on ne peut pas pousser les murs. En semaine, chaque garçon est seul dans sa chambre et cela a fait du bien à #2 de ne plus être avec son petit frère.

¤ Les points négatifs

Nous avons droit à un concentré d'adolescence certains WE: j'ai pas envie de faire mon sac, pas envie de faire mes devoirs etc. Reproches en tout genre: on est trop nul, on fait rien, on ne lui achète rien alors que ces copines ont tout etc. Certains WE c'est difficile à avaler quand même. On est prévenu au dernier moment pour acheter telle fourniture INDISPENSABLE= courses en panique le samedi qui pulvérise nos plans. Il faut sans cesse s'adapter et courber le dos pendant les crises en se disant que cela passera. Mais parfois on n'a pas le temps de tout régler en un temps si court et je suis bien triste de la voir repartir un peu fâchée. 

Pour moi, au quotidien, c'était sympa d'avoir "une grande" et une fille. Après la 6ème les enfants gagnent beaucoup en autonomie et font de petites courses, vont chercher le pain etc. Elle allait souvent me récupérer les 2 garçons à l'école le soir, faisait le tampon entre 18h30 et 20h, quand je ne suis pas là pour des sorties de blog. Et puis pour moi c'était chouette d'avoir une fille et des discussions de filles au milieu de cette écrasante domination masculine dans notre famille :D Ben il faut apprendre à faire sans, je suis beaucoup plus seule dans mon quotidien, surtout qu'elle rentrait manger tous les jours à la maison le midi quand elle était au collège...

Le point négatif pour nous, c'est le côté financier. Car même si c'est un collège public, et que les frais d'équitation sont sensisblement les mêmes qu'à Paris, nous devons payer un abonnement de train assez cher et des frais d'internat/cantine/transport. Du coup, nous ne pouvons pas nous permettre de faire entrer notre BB2-Schtroumpf-grognon en collège privé et il va devoir aller dans ce collège de quartier qui n'avait pas fait notre bonheur pour la classe de 5ème de la grande. Bref, au niveau financier c'est un véritable effort pour nous. Pas toujours apprécié à sa juste valeur par la grande... Pourtant, c'est probablement le sport-études le moins cher de France mais malgré tout cela nous oblige à faire quelques sacrifices. J'ai un peu peur de l'entrée en 6ème pour le Schtroumpf-grognon, nous verrons bien...

En conclusion: c'est plutôt TRES positif. D'abord, nous ne l'avons pas forcée. Il n'y avait que 4 places à son niveau et elle s'est vraiment battue pour entrer dans ce sport-études. Elle est passionnée d'équitation depuis la maternelle et elle peut vraiment vivre cette passion, tout en suivant une scolarité normale, dans un bon collège. Il va falloir que l'on se renseigne sérieusement pour le lycée, voire s'il existe des possibilités de continuer ce genre de scolarité.